Santé, environnement, technologie… Qu’on le veuille ou non, la science fait partie de nos vies. Chaque jour elle pose de nouvelles questions, ouvre de nouvelles portes. Elle influence  notre société et notre mode de vie, mais encore faut-il avoir les clés pour la comprendre. POP LAB fait sortir la science du labo pour la mettre à la portée de tous et nous aider à décrypter notre quotidien. De l’info, de l’analyse et une dose de second degré : un cocktail « pop » pour se dérouiller les neurones.

Audrey Boehly - Science « addict » depuis ses études d’ingénieur chimiste. Passionnée par la vie qui pour elle est un laboratoire. N’a pas fini de faire des expériences.

La bouteille qui se remplit toute seule

Water bottles close up

© Africa Studio – Fotolia.com

Vous connaissiez déjà la voiture qui conduit toute seule ou le robot qui nettoie le sol de votre salon sans que vous leviez le petit doigt ? Voilà maintenant la bouteille d’eau qui se remplit d’elle-même, une invention d’une start-up américaine qui pourrait voir le jour d’ici 2014.

Goutte à goutte. A l’origine de cette innovation, un minuscule scarabée vivant dans le désert du Namib, une région qui ne reçoit que 1,3 cm de précipitations par an. Ingénieux, ce coléoptère survit grâce à un étonnant système qui lui permet de condenser l’humidité présente dans l’atmosphère. “Chaque matin il monte au sommet d’une dune, met sa carapace face au vent et boit de cette manière l’équivalent de 12% de son poids en eau”, raconte à la radio PRI Deckard Sorensen, cofondateur de l’entreprise NBD Nano à l’initiative du projet. Sur le dos du scarabée de légères bosses font offices de “récupérateur d’eau”. A leur sommet hydrophile (qui attire l’eau), des gouttelettes d’un diamètre de 15 à 20 microns se déposent puis s’accumulent sur des zones hydrophobes (qui repoussent l’eau) et coulent ensuite jusqu’à sa bouche.

Nano techno. “Nous utilisons la nanotechnologie pour imiter le dos du scarabée et récupérer nous aussi l’eau présente dans l’air” déclare Sorensen. Dès 2006, une équipe du MIT s’était intéressée aux super-pouvoirs du coléoptère namibien. Dans un article publié par la revue Nano Letters, les scientifiques décrivaient la synthèse de surfaces alternant des zones super-hydrophiles (à base de nanoparticules de silicium) et super-hydrophobes (constituées de polymères). Pour sa techno-bouteille, NBD Nano utilise un système similaire additionné d’un ventilateur qui crée un flux d’air au dessus de la surface. “Nous pensons que notre premier prototype pourra collecter d’un demi-litre à 3 litres par heure, selon l’environnement dans lequel il sera placé” affirme à la BBC Miguel Galvez, un autre membre de la start-up. Les applications possibles sont multiples, du sport à l’irrigation en passant par la constitution de réserves d’eau potable dans les pays en voie de développement. “Parce que nous réalisons que l’accès à l’eau est une problématique majeure aujourd’hui dans le monde, nous aimerions améliorer les choses avec une solution peu onéreuse” explique Sorensen. Avec cette bouteille “miracle”, vous n’aurez bientôt plus d’excuse pour ne pas boire vos 1,5 litres d’eau réglementaires par jour.

La danse des spermatozoïdes en 3D

Messieurs, êtes vous plutôt hélicoïdal ou hyperactif ? Des scientifiques ont pour la première fois observé le ballet des spermatozoïdes en 3D pour mieux comprendre comment ils touchent au but. 

Nouvelle dimension. La lutte est impitoyable. Il n’en restera qu’un. Pourtant, dans leur course effrénée pour la vie, tous les spermatozoïdes ne choisissent pas la ligne droite. C’est la conclusion d’une étude menée par Aydogan Ozcan, ingénieur à l’UCLA (University of California, Los Angeles). Lui et son équipe ont conçu un nouveau procédé permettant de suivre en 3 dimensions la trajectoire de ces nageurs microscopiques. En effet, l’observation des gamètes mâles restait jusqu’ici une gageure pour les scientifiques. Ultra-rapides, ces cellules de seulement 5 micromètres de diamètre peuvent parcourir 25 fois leur propre longueur en une seconde. Sans compter qu’elles changent de trajectoire en un clin d’oeil. Autant dire qu’elles ne restent pas longtemps dans le champ du microscope. De plus, comme l’indique Ozcan dans un article publié sur livescience.com « certaines lentilles spécialisées offrent un grossissement suffisant pour voir ce qui se passe à cette échelle, mais ces systèmes optiques ne sont en général pas efficaces pour observer un grand nombre d’objets éparpillés dans un volume important. A la place, nous utilisons une toute nouvelle technique basée sur le calcul de données. » Pour remplacer le bon vieux microscope, il projette sur l’échantillon de sperme la lumière de deux LEDs – une rouge et une bleue – positionnées à 45 degrés l’une de l’autre. Les ombres « holographiques » sont enregistrées par un capteur semblable à ceux des appareils photo numériques. Ce dernier reconstitue ensuite la trajectoire des spermatozoïdes en 3D. Il est possible d’observer jusqu’à 1500 d’entre eux en même temps, une première.

Figures de style. En y regardant de près, ces nageurs de compétition ont de quoi nous surprendre. Au lieu d’opter pour la ligne droite (figure A), 4 à 5% d’entre eux lui préfèrent une trajectoire en hélice (figure B). 3% des gamètes sont qualifiés d’hyperactifs du à leur nage désordonnée (figure C) et moins de 0,5% alternent entre un mouvement hyperactif et hélicoïdal (figure D).  Et pour mieux brouiller les pistes, de nombreux spermatozoïdes modifient leur de trajectoire en cours de route. Plus étonnant encore, parmi les adeptes de l’hélice, 90% tournent vers la droite. Les spermatozoïdes seraient-ils donc droitiers? Ces résultats, publiés dans les Proceedings of the National Academy of Science viennent d’être complétés par une seconde étude décrivant un mouvement inédit, appelé « ruban chiral ». Un nouveau pas de danse à l’actif de nos gamètes. « Ces recherches pourraient permettre de mieux comprendre comment les spermatozoïdes se déplacent pour féconder l’ovule et de quelle façon ils réagissent s’ils sont soumis à différents stimuli, comme des produits chimiques ou des toxines » affirme Ozcan. « Cette même technique à haut-débit peut aussi être adaptée à l’étude d’autres nageurs microscopiques, comme certaines bactéries nuisibles ». Les chercheurs n’ont pas finit de s’intéresser aux multiples chorégraphies de nos cellules reproductrices.

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Vidéo : Nature / Figures : Proceedings of the National Academy of Science

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Lettres mélangées

© Vesna Cvorovic – Fotolia.com

Comment parvient-on à déchiffrer des mots dont les lettres sont dans le désordre ? Les mécanismes de la lecture sont encore bien loin d’avoir livré tous leurs secrets. Colin Davis, professeur en sciences cognitives à l’Université de Londres, en sait quelque chose. Lui et son équipe viennent de mettre au point un nouveau test qui pourrait permettre de mieux comprendre comment fonctionne le cerveau lorsque nous lisons.

Craquer le code. Nous, lecteurs, sommes des pros du décodage. Nous parvenons à reconnaître un mot familier – un code formé de plusieurs lettres – en seulement 250 millisecondes en moyenne. L’exercice nécessite non seulement d’identifier les lettres mais aussi leur emplacement – ce qui permet par exemple de distinguer les mots TES et SET. Pour étudier ce processus, les chercheurs font le plus souvent appel à un test psychologique standard dit test d’amorçage. Comme l’explique Stanislas Dehaene, neuroscientifique et psychologue cognitif enseignant au Collège de France, « on examine si la présentation d’une première chaîne de caractères facilite la lecture d’une seconde. [...] On sait par exemple, que la présentation d’une amorce partielle telle que « jrdn », facilite tout autant la lecture du mot « jardin » – alors qu’une amorce aux lettres mélangées telles que « jtrdvn », « jdrn » ou « dnjr », n’a aucun effet. Cela signifie que les chaînes « jrdn » et « jardin », à une certaine étape du traitement visuel, partagent le même code. »

Cependant le modèle utilisé jusqu’ici n’offrait pas la possibilité d’expérimenter des mélanges de lettres plus complexes. « Par exemple, si l’on s’intéresse au mot anglais VACATION (vacances en français, ndlr.) pour le changer en AVACITNO, le précédent test ne nous permettait pas de savoir si le cerveau reconnaissait le mot VACATION parce que d’autres mots comme AVOCADO (avocat, ndlr.) ou AVIATION venaient immédiatement à l’esprit des participants, » explique-t-il. « Grâce à notre nouvelle simulation, on peut voir que nous faisons bien le lien entre AVACITNO et VACATION, ce qui nous donne une meilleure idée de ce qui se passe dans notre cerveau à ce moment précis« , conclut-il.

B.A-BA. Aurons-nous bientôt percé les secrets de la lecture ? Beaucoup de questions restent en suspens et cette nouvelle méthodologie donnera peut-être une partie des réponses. De quelle manière décode-t-on les mots? Comment fonctionne le cerveau d’un bon lecteur comparé à celui d’une personne éprouvant des difficultés à lire ? Comment aider au mieux les personnes souffrant de dyslexie ? Pourra-t-on bientôt arbitrer entre la théorie syllabique (qui considère que nous lisons les mots en déchiffrant leurs syllabes) et la théorie globale (qui soutient que nous reconnaissons le mot visuellement dans son ensemble) ? L’avnier nuos el dria.

Cheese sex, ou la vie sexuelle du fromage

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Si vous êtes à la recherche de nouvelles expériences sexuelles, regardez plutôt dans votre assiette. Mieux qu’une « sex tape », vous pourrez peut-être observer en direct les ébats amoureux des champignons présents dans votre fromage. Selon une étude publiée dans PLoS One ces micro-organismes, qui  donnent toute leur saveur à nos pâtes dures ou molles, s’adonneraient librement à la bagatelle jusque sous notre nez.

Les joies de la sexualité ne sont pas partagées par tous les êtres vivants. Chez la plupart des organismes monocellulaires (comme les bactéries) et chez certains organismes pluricellulaires, la reproduction est dite asexuée. Dans ce cas un seul individu peut donner naissance à de nouvelles entités qui partagent son patrimoine génétique. Les chercheurs estiment qu’environ un cinquième des champignons sont concernés. Mais certains ne sont peut-être pas aussi chastes qu’il n’y parait, tel le Penicillium roqueforti, qui intervient notamment dans la fabrication du Roquefort. Bien qu’il n’ait jamais été surpris en flagrant délit de fornication, les scientifiques ont déniché des preuves démontrant qu’il serait sexuellement actif. Pour commencer, certains échantillons de moisissures étudiés contiennent bien deux types sexuels différents. De plus, les gènes nécessaires à la reproduction sexuée  sont présents dans leur ADN - plus précisément ceux impliqués dans le processus de la méiose qui permet le brassage génétique entre les deux parents. Enfin, des individus présentant des recombinaisons d’ADN ont été observées.

Sex or not sex, pourquoi les scientifiques se posent-ils donc la question? La réponse tient dans la bourse, comme c’est souvent le cas. La France produit plus de 2 millions de tonnes de fromage par an dont 37 000 tonnes de bleu – un enjeu économique majeur. Pour continuer à innover, l’industrie fromagère poursuit ses recherches sur de nouvelles souches de champignons. Mais la reproduction asexuée produit des mutations génétiques lentes et aléatoires, contrairement à la reproduction sexuée qui permet d’accélérer ce processus et d’en améliorer sa maîtrise. Une bonne raison pour encourager la libido fromagère.

Illustration : calendrier From’girls 2013

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Films d’horreur, le nouveau secret minceur ?

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Après l’épreuve calorique des fêtes et de l’épiphanie, vous pensez peut-être qu’un bon régime ne vous ferait pas de mal. Et si vous pouviez troquer la torture d’un régime Weight Watchers contre la terreur d’un bon film d’horreur ? A en croire une étude menée par l’Université de Westminster, visionner l’Exorciste ou Massacre à la tronçonneuse pourrait vous faire perdre entre 100 et 200 calories, l’équivalent d’une demi-heure de marche.

6 millions d’entrées pour les Dents de la mer, 2 millions pour Scream, entre 500 000 et 1 million pour chacun des sept épisodes de Saw. Nul doute que les français aiment frissonner dans les salles obscures. Un petit plaisir qui pourrait en sus vous faire maigrir selon le Dr Richard Mackenzie, spécialiste en physiologie et métabolisme cellulaire. « Chacun des dix films testés provoque une augmentation de la fréquence cardiaque. Le pouls s’accélère, le coeur pompe le sang plus vite et le corps subit une poussée d’adrénaline » déclare-t-il dans un communiqué de presse. « C’est cette libération rapide d’adrénaline liée à un stress intense (ou dans ce cas, due à la peur), qui réduit l’appétit (…) et permet au final de brûler davantage de calories ». Au cours de l’expérience, les chercheurs britanniques ont mesuré la dépense énergétique des spectateurs ainsi que leur fréquence cardiaque, leur consommation d’oxygène et leur rejet en dioxyde de carbone. Sur une période de 90 minutes, le rythme cardiaque double et la dépense calorique moyenne observée augmente d’un tiers par rapport à une situation au repos.

Mieux que le box office, cette étude – financée par un site web commercialisant des films en DVD et VOD – révèle le classement des films qui deviendront vos meilleurs partenaires minceur. En tête Shining, le terrifiant chef d’oeuvre de Stanley Kubrick (184 calories dépensées) suivi des Dents de la mer (161 calories), de l’Exorciste (158 calories) et d’Alien (152 calories). Mais avant de vous lancer dans un régime riche en hémoglobine mieux vaut éviter de vous faire des films : tout au plus, vous éliminerez l’équivalent d’une barre de chocolat, pas de quoi effrayer votre balance.

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Un verre, bonjour les dégâts

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© Nitr – Fotolia.com

Avec environ 12 litres d’alcool consommés par an et par personne, les français ne sont pas les derniers à lever le coude. Votre verre serait-il à blâmer ? Sa forme pourrait en effet influencer la vitesse à laquelle vous buvez selon une étude réalisée à l’Université de Bristol.

Chope, flûte, calice, tulipe… Autant de verres différents dans lesquels savourer une petite mousse au comptoir. Tous font bien l’affaire, mais pour Angela Attwood, docteur en psychologie, leur apparence pourrait jouer un rôle sur notre manière de boire. journal.pone.0043007.g001Pour le prouver, elle et ses collègues ont demandé à 160 buveurs occasionnels entre 18 et 40 ans de consommer un certain volume de bière ou de soda servis dans des verres droits (type A) ou incurvés (type B). Résultat,  déguster 354 millilitres de bière dans un verre incurvé ne prend qu’environ 7 minutes contre 11 minutes dans un verre droit. Dans ce second cas, le temps additionnel est du à un espacement plus grand entre les gorgées et non à des gorgées plus petites ou moins nombreuses. Par contre, aucune différence n’est observée dans le cas de consommation de soda ou si le volume de boisson proposé est moitié moindre (177 millilitres).

Comment les chercheurs expliquent-ils ce phénomène ?  Selon le docteur Attwood, il serait du à notre difficulté à distinguer correctement le milieu du verre sur les modèles incurvés. « Les gens parlent souvent du fait qu’ils tentent de ralentir leur consommation d’alcool pour contrôler leur niveau d’alcoolémie, et je pense que le point clé à retenir de nos recherches est que cette capacité peut être compromise par la forme du verre ». Ceci expliquerait pourquoi il n’y a pas de distorsion lors de l’absorption de soda, perçu comme inoffensif. Dans le cas d’un volume de 177 millilitres de bière, le problème ne se poserait pas car la partie basse de la flûte est presque droite. Lors d’un nouveau test où il est demandé aux mêmes participants d’identifier à quel niveau se situe la moitié du récipient, les réponses sont régulièrement fausses dans le cas du verre incurvé. Et cette erreur d’appréciation semble corrélée avec les variations observées au niveau de la vitesse de boisson.  Ainsi les personnes qui évaluent le milieu du verre plus bas que la réalité ont tendance à boire plus rapidement.

Reste à savoir si ces conclusions s’appliquent aussi dans le cas des bouteilles de bière ou des canettes, ou même d’autres boissons alcoolisées. A quand une étude en France sur le vin et son traditionnel ballon?

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Dépensez moins pendant les soldes, utilisez des billets neufs

Argent, billets, soldes

© Jérôme SALORT – Fotolia.com

SOLDES. Six lettres blanches sur fond rouge qui lancent cette semaine la chasse aux bonnes affaires. Comme 76 % des français, succomberez-vous à la tentation en ce début d’année ? Si vous voulez éviter de casser votre tirelire, inspirez-vous de cette étonnante étude canadienne publiée sur le site du Journal of Consumer Research. Selon elle, nous dépensons moins facilement un billet flambant neuf qu’un vieux billet.

Contrairement aux idées reçues « l‘apparence physique de l’argent peut modifier notre attitude en matière de dépense » déclarent Fabrizio Di Muro et Theodore Noseworthy, co-auteurs de cette publication. Plusieurs tests leur ont permis de confirmer que les personnes en possession de billets usagés dilapident plus rapidement leur pécule que les autres. Celles-ci préfèrent aussi parfois « casser » un gros billet abîmé (20$) que de se séparer de petites coupures intactes (4 fois 5$). Une surprise de taille qui remet en perspective les études antérieures mettant uniquement en avant l’impact de la valeur du billet.

Après avoir circulé de main en main, l’argent aurait-il une odeur ? Il générerait en tout cas un dégoût suffisant pour nous pousser à nous en débarrasser. Selon les auteurs, les consommateurs tendent à penser qu’un billet froissé est sale et contaminé, alors qu’un billet d’apparence neuve leur procure un sentiment de fierté. « L’argent est aussi bien un objet d’utilité sociale que d’utilité économique, déclare Noseworthy. Nous avons tendance à voir la monnaie comme un moyen de consommation et non comme un produit en elle-même. Mais elle est en fait sujette aux mêmes influences que les produits qu’elle peut acheter ». Une bonne raison pour faire le plein d’argent frais auprès de votre banquier avant de vous ruer dans les magasins.

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Climat : autant en emporte le vent

« Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? » s’emportait Arletty dans la célèbre tirade du film Hotel du Nord. Si vous voulez voir notre atmosphère sous son plus beau profil, jetez un coup d’oeil à la simulation mise au point par la NASA. Cette animation, calculée par le super-ordinateur Discover, reproduit le mouvement des particules en suspension dans l’air avec une précision inégalée (10 km de résolution). En rouge la poussière venue des zones désertiques, en bleu le sel marin arraché aux océans, en blanc les sulfates issus des volcans et de la combustion des énergies fossiles, et en vert le carbone organique provenant notamment des feux de forêt.

Au delà du plaisir des yeux, ce modèle basé sur des données datant d’août 2006 à avril 2007 devrait permettre selon la NASA de « mieux comprendre comment ces fines particules influencent la météo et le climat« . En effet, outre leur impact sur la qualité de l’air, elles jouent aussi un rôle non négligeable sur les équilibres climatiques. Certaines de ces microparticules diffusent le rayonnement solaire, contribuant ainsi à un refroidissement. D’autres absorbent cette énergie, favorisant au contraire un réchauffement. Sans compter leur action sur le comportement des nuages et sur les réactions chimiques dans l’atmosphère, pouvant conduire par exemple à endommager la couche d’ozone.

Ces phénomènes complexes restent un véritable casse-tête pour les scientifiques, d’autant plus que les aérosols agissent à l’échelle régionale, contrairement à l’effet de serre dont les conséquences sont uniformes sur la planète. Leur localisation ainsi que leur nature très diverse (taille, composition, forme, propriétés optiques) rendent difficile leur quantification et l’évaluation de leur impact. Autant dire que pour améliorer les prédictions climatiques, les chercheurs n’ont pas fini de mordre la poussière.

Crédit vidéo : NASA/Goddard Space Flight Center

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L’ADN, disque dur du futur?

3 500 photos sont chargées chaque seconde sur Flicker, 510 000 commentaires postés chaque minute sur Facebook, 190 millions de tweets publiés chaque jour sur Twitter. La quantité d’informations digitales que nous créons chaque année est phénoménale. Pas moins d’1,8 milliards de gigaoctets (Go) en 2011 selon une étude de l’IDC. Sans compter que ce volume double tous les 2 ans, à un rythme bien plus rapide que l’augmentation de notre capacité de stockage. Autant dire que l’archivage des données reste un véritable casse-tête.  C’est pourquoi les travaux de George Church, biologiste à la faculté de médecine d’Harvard, pourraient bien amorcer une révolution. D’après sa dernière publication dans Science, Church et son équipe sont parvenus à encoder un livre entier sur une puce contenant moins d’un milliardième de gramme d’ADN – soit 10 milliards de fois la densité d’un CD.

Super-pouvoirs . L’intérêt des chercheurs pour les propriétés exceptionnelles de l’ADN comme support de stockage ne date pas d’hier. Ultra-dense, un seul gramme peut contenir jusqu’à 455 milliards de gigaoctets (un DVD contient au maximum 17Go). Ses atouts : sa forme hélicoïdale en 3D et sa structure à base de 4 nucléotides, l’adénosine (A), la thymine (T), la cytosine (C) et la guanine (G). Grâce à elles, les données sont codées à l’échelle moléculaire. Le summum de la miniaturisation. Autre avantage, la structure chimique de notre patrimoine génétique est extrêmement stable, le gratifiant d’une impressionnante durée de vie – jusqu’à 3,5 milliards d’années. Comme le dit Church « vous pouvez l’oublier dans le désert ou dans votre jardin, il sera encore intact 400 000 ans plus tard ». Des qualités qui laissent loin derrière les technologies actuelles comme le CD, le DVD ou le disque dur.

Mini-puce. Dès 2010, une équipe américaine parvient à synthétiser des brins d’ADN contenant 8 000 bits* de données. Record largement battu par Church qui réussit à encoder 5,37 millions de bits – soit 70 milliards de copies de son dernier livre incluant du texte, des images et un programme en Javascript. Contrairement aux expériences précédentes, il obtient ce résultat en dehors de toute cellule vivante, trop instable selon lui pour garantir la pérennité des données.  « Au sein d’un organisme, votre message ne représente qu’une petite fraction, beaucoup d’espace est donc perdu, déclare-t-il. Mais plus important encore, si l’ADN intégré à une cellule  ne constitue pas un avantage compétitif, la cellule va muter et l’éliminer ». L’acide désoxyribonucléique est donc assemblé ex-vivo puis déposé sur une petite surface en verre à l’aide d’une imprimante, créant ainsi une puce. Au lieu de synthétiser de longs brins d’ADN comme le faisaient précédemment les chercheurs, l’équipe américaine choisit de procéder par fragments plus courts (159 nucléotides maximum) et d’en générer de nombreuses copies.  Avec pour résultat un taux d’erreur extrêmement faible de 2 bits par millions. Ingénieux, chaque fragment possède un « code-barre » qui permettra ensuite d’identifier son positionnement dans l’ensemble du fichier.

Déstockage. Mais encore faut-il pouvoir décrypter ces puces microscopiques. Pour lire l’ouvrage de George Church, il faudra s’armer d’un séquenceur (qui permet d’identifier les nucléotides) et d’un ordinateur (pour traduire les données). Une opération qui reste longue et coûteuse, cantonnant pour l’instant cette méthode à un archivage à long terme. « La durée idéale de stockage pourrait se compter en siècles » déclare Kosuri, membre de l’équipe de recherche. « Contrairement à la cassette magnétique ou la disquette,  ce type de support ne risque néanmoins pas d’être frappé d’obsolescence, rassure-t-il, car les scientifiques essaieront toujours de mieux lire l’ADN, une molécule essentielle en biologie » . Il estime qu’à termes l’accès à cette technique finira par se démocratiser, les recherches sur notre code génétique contribuant à massivement baisser les coûts. Celui de sa synthèse et de son séquençage sont déjà divisés respectivement par 5 et par 12 chaque année. Alors, à quand l’archivage de vos photos de vacances sur ce nouveau disque dur biologique ?

* 8 bits = 1 octet

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Le MIT résout le problème du ketchup

A l’heure où le hamburger devenu hype colonise les tables des bistrots branchés et des restaurants gastronomiques,  son compagnon de route, le ketchup, attire l’attention des chercheurs. Des scientifiques du MIT ont enfin résolu le problème majeur de cette sauce culte : sa fâcheuse tendance à rester collée au fond de la bouteille.

J. Dave Smith, chercheur en thèse dans le domaine de la nanotechnologie, vient de mettre au point un revêtement innovant qui permet aux condiments « collants » de s’écouler facilement hors de leur flacon. Mayo, ketchup, moutarde, rien ne lui résiste. Est-ce la fin de l’éternelle bataille entre l’homme et la bouteille de sauce ? Il semblerait que oui grâce au LiquiGlide, un composé breveté qui s’applique aussi bien sur du verre que du plastique. « Il est rigide comme un solide, mais lubrifie comme un liquide » déclare Smith au site FastCompany. Sa synthèse, aussi secrète que la recette du ketchup Heinz, s’appuie sur des composants validés par l’autorité sanitaire américaine (FDA), rendant ce produit sans danger selon l’équipe de recherche.

Anecdote ou révolution ? A en croire Rajeev Diman, ingénieur en mécanique au MIT, cette découverte aura un véritable impact. « Les sauces constituent à elles seules un marché de 17 milliards de dollars, et si chaque bouteille présentait notre revêtement, nous sauverions au moins un million de tonnes de nourriture de la poubelle », déclare-t-il à Reuters. D’autres applications sont aussi dans le collimateur des scientifiques. «Nous pensons que ce revêtement peut être utilisé comme antigel, pour fluidifier l’écoulement dans les oléoducs et les gazoducs, ou pour des applications déperlantes, par exemple sur les pare-brises », explique Smith.

D’ici la mise sur le marché de ce produit miracle, les fans de ketchup continueront à rivaliser d’ingéniosité pour récupérer les dernières gouttes de la précieuse sauce à base de tomate. Pour les y aider, la marque Heinz leur dévoile sa technique « secrète » : donner un coup ferme sur le goulot de la bouteille. Il fallait y penser.

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Comment extraire soi-même son ADN

« Connais-toi toi-même ». Cette devise inscrite au fronton du temple de Delphes et reprise à son compte par Socrate continue d’inspirer les philosophes. Qui suis-je ? Selon la génétique, la réponse à cette question réside dans l’ADN. Si nous pouvions-nous même jeter un coup d’oeil à nos gènes, cela nous éclairerait-il ?

Pour le savoir, suivez la méthode d’extraction de l’ADN « pour les nuls » proposée par cette vidéo de la chaîne de télévision scientifique américaine NOVA. Vous avez simplement besoin d’eau salée (pour simuler un fluide corporel), de liquide vaisselle (pour faire éclater la membrane cellulaire constituée de lipides), de colorant alimentaire et d’alcool isopropylique (pour extraire l’ADN). En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les hélices de votre acide désoxyribonucléique flottent sous vos yeux. Une expérience initiatique à la portée de tous.

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Une molécule en forme olympique

Image AFM de l'Olympicène - RSC, University of Warwick, IBM Research - Zurich

Image AFM de l’Olympicène – RSC, University of Warwick, IBM Research – Zurich

Jamais le CIO n’aura autant protégé la marque des Jeux Olympiques, allant jusqu’à lancer sa « branding police » aux trousses des particuliers et des commerçants usant sans autorisation de ses précieux anneaux. Mais il en faut bien plus pour effaroucher nos amis chimistes. Une équipe réunissant des chercheurs de l’Université de Warwick, de la Royal Society of Chemistry et du laboratoire d’IBM à Zurich a ainsi conçu une molécule reproduisant à l’identique le symbole des olympiades. D’une taille 100 000 fois inférieure à celle d’un cheveu humain, l’olympicène et ses cinq anneaux constitués de 9 atomes de carbone et 12 atomes d’hydrogène est sans conteste le plus minuscule logo des JO.

Il est encore trop tôt pour connaître les propriétés de cette molécule dérivée du graphène, une couche unique de graphite aux nombreuses propriétés électriques et optiques. Selon le docteur David Fox de l’Université de Warwick, l’olympicène pourrait à termes être utilisé dans des capteurs solaires ou des sources de lumières telles que les LEDs. Une chose est sûre, ce nouveau composé a déjà fait la preuve de ses qualités marketing en déclenchant un buzz olympique.

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Ballet microscopique

Entre science et projet artistique, le britannique Bose Collins nous offre une vidéo hallucinante au sens premier du terme. Le ballet des images microscopiques nous entraine dans une rêverie psychédélique sur fond de musique électro signée Takkra. Planant.

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L’anatomie à fleur de peau

(c) Koen Hauser

Jusqu’où se mettre à nu ? Une question que s’est sûrement posée Koen Hauser, l’artiste hollandais auteur de la série « Modische Atlas der Anatomie ». Ses photos, proches de la science-fiction, révèlent avec sensualité l’intimité de notre structure interne. Squelette, tissus et organes sont disséqués sans états d’âme, dévoilant le corps dans toutes ses composantes. Une leçon d’anatomie live qui fait froid dans le dos.

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La chaise, meilleure ennemie de l’homme ?

(c) Medical Billing and Coding

9 heures par jour en moyenne assis devant un écran, dans le métro ou en voiture, soit plus d’heures que nous n’en passons à dormir. Un record dans l’histoire de l’humanité. Voilà le lot quotidien de l’homme moderne, émancipé par les nouvelles technologies mais prisonnier d’une routine de plus en plus sédentaire à laquelle notre corps ne s’est pas adapté. Selon l’Organisation Mondiale de la santé, la sédentarité est même devenue un problème de santé publique mondial. L’OMS recommande bien sûr de pratiquer régulièrement une activité physique. Mais fréquenter assidûment son club de gym ou cracher ses poumons chaque semaine en faisant son jogging ne suffit pas à régler le problème. En effet, de nombreuses études scientifiques prouvent que nous passons trop de temps assis, ce qui est en soit nocif pour notre santé et peut même réduire significativement notre espérance de vie.

Etre assis, une activité létale

« Etre excessivement assis est une activité létale » déclarait en 2011 au New York Times le médecin américain James Levine, l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme. « Aujourd’hui, nos corps souffrent d’obésité, d’hypertension, de diabète, de cancer, de dépression, d’un grand nombre de pathologies qui proviennent de ce que les scientifiques nomment la sitting disease (maladie liée au fait d’être assis) ». L’article récemment publié dans la revue Archives of Internal Medecine par l’équipe australienne du Dr. Hidde van der Ploeg vient confirmer ces affirmations. « Quand nous conseillons les patients sur leur niveau d’activité physique, nous leur recommandons aussi de passer moins de temps assis chaque jour » déclare-t-elle à Reuters. Après avoir analysé l’état de santé de plus de 222 000 adultes âgés de 45 ans et plus pendant 3 ans, la conclusion est sans appel : les personnes assises plus de onze heures par jour ont 40% plus de chance de mourir pendant cette période que les personnes qui ne s’assoient que quatre heures. Exercer une activité physique régulière diminue le taux de mortalité par rapport à quelqu’un qui ne pratique pas de sport, mais ne modifie pas l’impact négatif du temps passé en position assise. Et cela quelque soit l’âge, le poids de la personne ou ses antécédents médicaux. Même si le lien direct de cause à effet n’a pas été établi, cela a de quoi faire sérieusement réfléchir.

Chercheur en science de l’inactivité

Pour enfoncer le clou,  ces conclusions viennent s’ajouter à celles d’une autre étude australienne affirmant que passer six heures en moyenne devant la télé chaque jour réduisait l’espérance de vie de près de 5 ans. Un article de l’American Cancer Society prédisait lui aussi une mortalité supérieure de 37% aux femmes assises plus de six heures par jour par rapport à celle qui restent deux fois moins dans cette position. Selon le Dr. Patel qui réalisa cette dernière étude, un nombre croissant de publications scientifiques traitent de la « physiologie de l’inactivité ». C’est justement la spécialité de Marc Hamilton, chercheur au Centre de Recherche Biomédical de Pennigton. Dans un article publié par le New York Times, il décrit l’enchaînement d’effets métaboliques néfastes qui se déclenche lorsque vous laissez trop longtemps votre postérieur reposer sur une chaise. Dans cette posture, l’activité électrique des muscles de vos jambes diminue et votre consommation de calories chute à une par minute, soit trois fois moins que lorsque vous marchez.  La concentration des enzymes chargées de dégrader les graisses dans votre sang recule de 90%, et après 2 heures, votre taux de « bon » cholestérol décroît de 20%. Au bout de 24 heures, l’efficacité de votre insuline est réduite de 24%. Obésité, diabète, cancer et maladies cardio-vasculaires vous attendent au tournant.

Get up, stand up

Pour nous autres citadins, employés de bureau ou cadres victimes de l’open space, la « sitting disease » serait-elle une fatalité? Non, nous répondent les scientifiques pour qui il suffit de se lever régulièrement de sa chaise pour casser le cycle infernal. Un aller retour au fax, une pause pipi ou une escapade dans le bureau d’à côté feront l’affaire. Les plus inquiets pour leur santé pourront s’équiper d’un « bureau debout ». Une étrange invention à commander soit même sur standupdesks.com ou à réclamer à son employeur comme le font certains employés de Google et de Facebook selon le Wall Street Journal. Si vous êtes sportif, vous pouvez même tester le poste de travail muni d’un tapis de course et parcourir virtuellement des milliers de kilomètres tout en peaufinant votre présentation powerpoint, à l’image de son inventeur le Dr. James Levine. Selon lui, vous perdrez même quelques kilos au passage. Au final, à chacun sa méthode pour décoller de son siège. Comble de l’ironie, les fumeurs ont enfin une bonne excuse pour justifier leur chère pause clope.

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