Recherche point G désespérément

© ankurpatil

Aurait-on enfin découvert le point G ? C’est ce que prétend le gynécologue américain Adam Ostrzenski, auteur d’une étude controversée qui vient de paraître dans le Journal of Sexual Medecine.

Le Dr Ostrzenski de l’Institut de gynécologie de Saint Petersburg en Floride affirme avoir localisé pour la première fois l’ultime zone du plaisir féminin sur le cadavre d’une octogénaire polonaise. Le point G aurait l’allure d’un petit sac long de 8,1 mm, large de 3,6 mm et haut de 0,4 mm situé à l’intérieur de la paroi vaginale. « Lorsque vous le retirez, il se déploie comme un accordéon », ce qu’Ostrzenski explique par le fait qu’il serait constitué de tissus érectiles très inervés. Grâce à cette découverte, il espère contribuer à « une meilleure compréhension et une amélioration de la fonction sexuelle des femmes ». C’est loin d’être l’avis d’une partie de la communauté scientifique qui dénonce le manque de sérieux de cette publication.

Amichai Kilchevsky, urologue à l’Université de Yale, affirme qu’aucune étude n’a encore réussi à prouver l’existence du point G. Décrit pour la première fois dans les années 50 par le gynécologue allemand Ernest Gräfenberg (de qui le point G tire son nom), cette zone érogène désormais célèbre n’a cessée de faire polémique. Dans sa synthèse de 96 articles publiés sur le sujet, Kilchevsky revient sur les multiples tentatives des chercheurs pour dénicher le Saint Graal : méthodes d’imagerie médicale, biomarqueurs, études de cas, enquêtes statistiques… Malgré le fait qu’une majorité de femmes croient en son existence, aucune preuve suffisamment solide n’a pour l’instant été apportée. « Cette dernière étude ne nous permet pas plus de nous approcher du point G », déclare-t-il au magazine Popular Science.  Il affirme qu’une dissection unique sur un individu dont l’historique génital et urinaire reste inconnu n’a pas de valeur scientifique. D’autant plus qu’aucun test physiologique ne peut être conduit pour valider le lien entre cette zone et le déclenchement d’un orgasme. Selon lui les tissus découverts par Ostrzenski seraient probablement une extension interne du clitoris ou une glande contribuant à la lubrification du vagin.

Après s’être remis de ce faux espoir, chacun pourra reprendre ses expériences personnelles en chambre à la recherche du point G. Dans un article publié en 2001 par l’American Journal of Obstetrics and Gynecology, le psychologue Terence M. Hines en fait une description plus que jamais d’actualité. Selon lui c’est un « un OVNI gynécologique : très recherché, très discuté, mais invérifiable par des moyens objectifs ».

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